Accueil > Tutoriel > Comment bien débuter avec la virtualisation

Comment bien débuter avec la virtualisation

Comme je l’ai déjà dit, j’utilise souvent des VM (machines virtuelles) pour tester des distributions ou logiciels. Mais finalement tout le monde n’est pas forcément familier avec la virtualisation, ce que c’est et comment la pratiquer. Je ne rentrerai pas ici dans les détails techniques de la virtualisation que d’autres maîtrisent et expliqueront bien mieux que moi, je vais juste faire un survol rapide, afin que vous puissiez créer vous même vos premières machines virtuelles.

Définition

Commençons  par expliquer le concept de virtualisation (enfin plutôt de l’Hypervision de type 2, je vous renvoie sur l’article de Wikipedia pour une explication plus fournie). En fait il s’agit de faire fonctionner plusieurs systèmes d’exploitation simultanément sur une même machine, appelée machine hôte. Un logiciel de virtualisation va ainsi en quelque sorte émuler une machine physique pour permettre l’installation d’un système d’exploitation sur cette machine émulée, appelée machine virtuelle (VM).

Les machines virtuelles possèdent de nombreux intérêts et avantages, autant pour une utilisation personnelle que professionnelle. Je ne me placerais ici que du point de vue d’un utilisateur classique, utilisant la virtualisation sur son ordinateur personnel. L’un des gros avantages, n’est pas forcément visible. En effet, le matériel « émulé » par le logiciel de virtualisation est un matériel relativement standard, ce qui permet lors de l’installation de vos OS préférés de ne pas avoir de mauvaise surprise avec du matériel non reconnu. Ce point est particulièrement important puisqu’il vous permettra ainsi d’installer à peu près tout et n’importe quoi sur vos machines virtuelles.

L’avantage le plus visible est bien évidemment le fait que ces machines virtuelles sont dissociés de la machine hôte. J’entend par là que vous pouvez faire ce que vous voulez (ou à peu de choses prèt, des failles existent certainement) sur votre machine virtuelle, cela n’aura aucun impact sur votre hôte (autre que lui  bouffer toute sa RAM ou son CPU mais ce ne sont là que menus détails). Ceci vous permet ainsi, et c’est pour ca que je l’utilise personnellement, de tester plusieurs distributions linux, des logiciels… sans risque d’installer tout et n’importe quoi sur votre machine. Je citerais comme dernier avantage visible, la portabilité. En effet, les machines virtuelles ne sont vues par la machine hôte que comme de simples fichiers. De gros fichiers, certes, mais des fichiers tout de même. Cela va vous permettre de faire des copies régulières de vos machines virtuelles, vous évitant ainsi de faire 20 installations de Debian, alors qu’il suffirait de créer une VM avec Debian installée, et d’en faire une copie quand on en a besoin.

Logiciels de virtualisation

Je ne parlerais ici que des trois logiciels les plus couramment utilisés pour le type d’utilisation qui nous intéresse. Sur le marché de l’Hyperviseur de type 2 (oui, ca claque comme nom) trois concurrents sont en lices. Deux d’entre eux sont multi-plateforme, deux d’entre eux sont gratuits et ce ne sont pas les mêmes. (phrase inutile mais je l’aime bien alors je la laisse…)

Donc le premier que je vais présenter est un logiciel payant, j’ai nommé VMWare, édité par la société du même nom. L’outil est multi plateforme, Windows, Mac, Linux. Il se sépare en deux versions principales: VMWare player, et VMWare Workstation. Le player possède l’avantage d’être gratuit, cependant, il ne permet pas la création de machines virtuelles. L’outil Workstation est beaucoup plus complet puisqu’il permet de créer et modifier vos machines, mais il vous en coûtera une licence de 176,11€ (prix actuel). Il s’agit cependant pour moi de l’outil le plus abouti des trois, avec la possibilité de  facilement créer des clones de vos machines virtuelles, permettant de les dupliquer beaucoup plus rapidement, ou des « Team » de machines qui vous permette de facilement virtualiser un réseau de quelques machines.

Le second outil est l’outil de chez Microsoft, Virtual PC, actuellement en version 7. Gros point positif, la gratuité, ce qui est, il faut l’avouer, non négligeable. Il ne fonctionne bien évidemment que sous Windows, et comme bien souvent pour la firme de Redmond, la dernière version apporte son lot d’incompatibilités. Tout d’abord, comme à peu près tous les derniers logiciels de la firme, la dernière version n’est pas disponible pour Windows XP, qui rappelons-le détient encore 56,7% de part de marché (cf. ici). Donc si vous utilisez toujours votre bon vieux XP, il vous faudra vous tourner vers l’ancienne version, version 6, aussi nommée Virtual PC 2007, version qui ne gère pas l’association des périphériques USB. Ainsi vous ne pourrez pas simplement monter votre clef USB dans votre machine virtuelle, ni tout autre périphérique. Cependant une autre fonctionnalité est quand à elle présente dans la version 6, qui a été malheureusement supprimée dans la version 7. Je dis malheureusement parce que c’était ma foi une fonctionnalité fort utile, c’est à dire la possibilité de monter un dossier de sa machine hôte afin qu’il puisse être lisible par la machine virtuelle. J’ai pas mal utilisé cette fonctionnalité pour transférer rapidement et facilement des fichiers entre les deux machines, voire entre plusieurs machines virtuelles. J’ai été pas mal déçu de la suppression de cette fonctionnalité, que j’ai dû remplacer par la bonne vieille clé USB, qu’on transfère d’une machine virtuelle à l’autre. Les transferts sont donc sensiblement plus lents puisqu’un transfert USB est nécessaire. L’outil dans sa version 7 s’intègre très bien avec la version Windows du même nom, mais demandera un léger temps d’adaptation pour les aficionados de la v6.

Le troisième et dernier outil de ma (courte) liste est Virtualbox. Il possède l’immense avantage d’être à la fois multi plateformes et gratuit (et Open Source, que demander de plus ?). Il est également (comme ses deux collègues) fort facile de prise en main, à condition de savoir ce qu’on veut faire. Pas grand chose à dire dessus, à part qu’il était développé par Sun, et a donc été racheté par Oracle, mais on peut fortement se passer de cette information. Il ne dispose pas de l’outil de clonage proposé par VMWare, ainsi pour effectuer une copie de votre VM, il faudra effectuer une copie du disque dur de celle-ci, et recréer une VM utilisant ce disque. Il dispose cependant (comme ses deux confrères) de la possibilité d’effectuer des instantanés, permettant de revenir à un état antérieur de la machine. Utile si vous testez des logiciels, sans vouloir pour autant les garder, ou pour récupérer rapidement d’un plantage. Etant l’outil le plus universel, c’est celui-ci dont je vais vous présenter plus longuement l’utilisation par la suite.

Création de machines virtuelles

Alors la suite pré suppose que vous avez Virtualbox installé et fonctionnel sur votre OS préféré. Vu la multiplicité de ceux-ci je ne détaillerais pas l’installation. La première étape sera de télécharger l’image d’installation de votre OS préféré. Je vais personnellement utiliser la version Debian de Linux Mint, parce que… voila. Ensuite, il vous faudra un peu de place sur votre disque dur parce que ca prend de la place ce genre de choses (minimum 2Go). Première étape, lancement de Virtualbox. Un petit clic sur le gros bouton « Nouvelle » va vous lancer l’assistant de création de nouvelle machine virtuelle.

Choix de l’OS

La première étape vous permettra de sélectionner le type d’OS que vous souhaitez utiliser. Cela va permettre d’optimiser le matériel émulé pour l’OS installé. Dans mon cas je choisis « Linux » et « Debian ». Un joli nom pour retrouver votre VM dans tout votre disque, « Linux Mint » pour moi, je suis dans l’originalité ce soir. La seconde étape vous permet de choisir la quantité de mémoire vive que vous allez consacrer à la VM. ayant personnellement 2Go de RAM sur ma machine hôte,  j’en consacre généralement 512Mo pour la VM. Cela permet de faire tourner sans problème la VM sans trop ralentir ma machine. Ensuite, vous aurez le choix entre utiliser un disque dur virtuel pré-existant ou d’en créer un nouveau. Partant du principe qu’il s’agit de votre première VM, nous allons en créer un nouveau. Un second assistant se lance alors pour la création du disque dur.

Choix du type de disque

Le premier choix que vous aurez à faire, sera de définir le type du disque.

  • Image de taille variable : la taille du disque s’adapte à ce que contient votre VM, dans une limite définie. Cela permet de prendre moins de place sur le disque, mais peut ralentir la VM quand le disque dur s’agrandit. A noter que le disque dur ne pet que grandir, il ne rétrécit pas.
  • Image de taille fixe : le disque est créé à sa taille définitive, ce qui rend la machine plus rapide lors de l’écriture de fichiers (et notament lors de l’installation)

Ayant une taille disque plutôt limitée et me souciant peu de la rapidité de mes VM, je vais choisir « Taille variable ».

Emplacement et taille du disque

Vous choisissez ensuite l’emplacement du disque dur, ainsi que sa taille. 8Gio sont recommandés, c’est bien souvent plus que nécessaire, mais là tout dépend de ce que vous voulez faire sur votre VM. Utilisant un disque à taille variable, c’est bien souvent la taille que je renseigne, n’en utilisant généralement pas plus du tiers. Et voila, après deux récapitulatifs, votre VM est créée.

Premier aperçu de la VM

Cependant, un peu de configuration va être nécessaire, dans l’onglet stockage, il va vous falloir définir le disque d’installation de l’OS. Un clic sur l’icône en forme de DVD sur la droite, « Choose a virtual… » et choisir votre ISO, ce qui devrait vous donner quelque chose comme ça :Iso de Mint sélectionnéeVous pouvez alors valider, et lancer votre machine fraîchement créée. Une pop up apparaît alors pour vous signaler que la « touche hôte » est la touche « Ctrl droite « . Kesako ? Tout simplement, quand vous utilisez votre machine virtuelle, vous êtes dedans, et toutes les frappes claviers que vous faites sont interprétées par la machine virtuelle. Il faut donc définir un moyen pour sortir de celle-ci et retourner à votre hôte. Une pression sur la touche « Ctrl droite » vous permettra donc de sortir de votre VM.

Et voila, la machine est lancée

L’installation de l’OS en lui-même est en tous points semblable à ce qu’il aurait été sur une machine standard, je n’en détaillerais donc pas la procédure. Par défaut votre machine virtuelle utilisera votre interface réseau pour se connecter à internet, vous ne verrez alors pas de différence avec une machine physique ( à part la vitesse bien sûr). Cependant, après installation, vous remarquez que vous ne pouvez pas lancer votre VM avec une résolution meilleure que 800*600, et là, c’est le drame (à part si vous faites un serveur, ou juste un test rapide).

Une résolution d’un autre âge

Mais tout cela vient simplement de la complexité d’émuler facilement une carte graphique (qui soit reconnaissable par tous les OS). Il vous faudra alors installer les composants additionnels (« Addons invités » dans le menu « Machine »). Ceux-ci permettront une meilleure intégration de votre VM avec également une meilleure gestion de la souris, la possibilité de partager des dossiers, et le partage du presse-papier. Que du bon donc. Selon les OS cependant, il faudra mettre un peu les mains dans le cambouis (enfin juste légèrement, sauf cas vraiment exotiques, mais si vous les utilisez, ce n’est pas cela qui vous fera peur), mais la plupart du temps ça passera tout seul, avec un simple lancement automatique après le lancement de « Périphériques » puis « Installer les additions invités ». Après ca, à vous les joies de tester votre nouvel OS en fullscreen.

En conclusion, je ne saurais que conseiller vivement l’utilisation de machines virtuelles, leur utilisation est vraiment simple, et elles possèdent le gros avantage d’être sécurisées.  La puissance nécessaire est tout de même relativement importante si vous voulez un résultat fluide, sans trop affecter votre système. A venir prochainement un test de la Mint que j’ai installé ici, qui me semble plutôt pas mal après quelques minutes d’utilisation.

Publicités
Catégories :Tutoriel Étiquettes : ,
  1. 4 avril 2011 à 19:25

    intéressant 🙂

    Virtual box est nickel et c’est rare de trouver des tuts en français 😉

    • 4 avril 2011 à 19:56

      Merci 🙂

      C’est vrai que c’est nikel pour la plupart des utilisations, et si tu as des questions, n’hésite pas, j’essaierais d’y répondre 🙂

  2. arnaud
    27 juin 2013 à 15:47

    Merci pour les tutoriaux. Ca m’a beaucoup aidé. Il y’a aussi des explications vidéos assez bien faite sur http://www.alphorm.com/formation/formation-hyper-v-2012 Bon apprentissage 🙂

  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :